jeudi 16 février 2012

Le MAK vient en aide aux villages enclavés : des sacs de semoule et du lait sont distribués

Le MAK vient en aide aux villages enclavés : des sacs de semoule et du lait sont distribués

Le MAK vient en aide aux villages enclavés : des sacs de semoule et du lait sont distribués

15/02/2012 - 21:27


TIZI-OUZOU (SIWEL) — Les premiers fonds récoltés dans le cadre de la solidarité de la diaspora avec la Kabylie ont été acheminés en Kabylie. Trois équipes ont investi, aujourd'hui, le terrain pour venir en aide aux localités les plus touchées.



Bénévoles livrant des sacs de semoule à At Zikki (PH/ SIWEL)
Bénévoles livrant des sacs de semoule à At Zikki (PH/ SIWEL)
Une équipe est allée à At Ziki pour ravitailler la commune en semoule conformément à la demande de la cellule de crise locale. La route qui mène à cette localité est toujours bloquée. Les dons ont été déposés au village Ait Isaad près d'Azazga. Il s'agit d'un deuxième déplacement du MAK en faveur d'At Zikki.


Par ailleurs, une deuxième équipe s'est déplacée dans la commune d'Akbil pour ravitailler en semoule les 4 villages les plus démunis. Un cinquième village a été ravitaillé en lait selon les besoins signalés par le comité de village.


Une troisième équipe a acheminé des denrées alimentaires pour la Kabylie de Sétif, alors que des militants de Timezrit et d'Akbou ont collecté divers dons qu'ils ont acheminés au village Tizi n Lqern dans la daira d'Adekkar.


D'autres actions sont programmées pour la journée de demain pour venir en aide aux populations sinistrées.


Les aides sont accueillies avec soulagement par les populations touchées qui n'ont pas manqué d'éloges à l'égard de la diaspora kabyle pour leur solidarité.


cc/bbi/wbw
SIWEL 152125 FEV 12

mercredi 15 février 2012

Algérie : la neige paralyse la Kabylie - LeMonde.fr

Algérie : la neige paralyse la Kabylie - LeMonde.fr

Algérie : la neige paralyse la Kabylie

LEMONDE.FR | 15.02.12 | 13h33 • Mis à jour le 15.02.12 | 14h09
Les difficultés d'alimentation en gaz sont une des conséquences les plus grave des fortes chutes de neige qui touchent l'Algérie.
Les difficultés d'alimentation en gaz sont une des conséquences les plus grave des fortes chutes de neige qui touchent l'Algérie.AFP/FAROUK BATICHE

Villages coupés du monde, pénurie de gaz… la vague de froid qui a tué 620 personnes en Europe (notamment centrale et balkanique) a traversé la Méditerranée. En Algérie, plus précisément à Béchar, cette offensive hivernale a tout d'abord offert l'inhabituel spectacle du Sahara sous la neige. Mais, tandis que, depuis le début du mois de février, les intempéries se multiplient dans le nord du pays, la situation s'est tendue.

Du massif de l'Ouarsenis, à l'ouest, à Constantine, à l'est, en passant par Tipaza et l'Algérois, routes coupées et stations-services prises d'assaut ont alimenté le mécontentement de la population. En Kabylie, les conséquences des bourrasques neigeuses semblent avoir atteint un seuil critique : le quotidien La Dépêche de Kabylie y dénombre déjà sept décès dus aux intempéries.
Essentiellement formée de massifs montagneux (Djurdjura et Babors), cette région côtière très peuplée, située à l'est d'Alger, a l'habitude des hivers enneigés. Cependant, les chutes de neige de ces derniers jours ont surpris par leur ampleur et leur fréquence. Dans les deux principales wilayas (préfectures) de Kabylie, Tizi-Ouzou et Bejaïa, on a relevé plus de deux mètres de neige dans de nombreuses localités. La population guette les bulletins météorologiques spéciaux distillés par l'Office national de la météorologie : ces derniers alertent le public sur les zones où sont attendues de fortes précipitations neigeuses. D'après l'Office, de nouvelles vagues de froid sont à prévoir.
Opération de déneigement en Kabylie.
Opération de déneigement en Kabylie.DR
Depuis maintenant plus de deux semaines, l'amoncellement de neige paralyse toute la région : tandis que la route nationale 12 reliant Tizi-Ouzou à Bejaïa est régulièrement coupée, de nombreuses communes de montagne se retrouvent isolées du reste du monde. Le principal souci des habitants devient l'approvisionnement en gaz – dont l'Algérie est pourtant le 6e producteur mondial. Seule une minorité de la population est raccordée au gaz de ville (lequel souffre par ailleurs de nombreuses coupures), la majorité des foyers ayant recours aux bouteilles de butane comme principale source d'énergie. Or la hausse subite de la demande en raison du froid et les complications de transport entraînent une pénurie durable de gaz butane.
Contacté par Le Monde.fr, Chérif, commerçant dans la wilaya de Bejaïa, décrit "une situation catastrophique : dans les montagnes on manque de gaz, de lait pour les enfants et même de produits d'alimentation. Nous subissons également de fréquentes coupures d'électricité. Certains villages sont isolés depuis vingt jours, les enfants ne vont pas à l'école, les adultes ne peuvent pas aller travailler. Ils ne peuvent plus se chauffer car il n'y a plus de gaz butane, le prix de la bouteille a atteint 2 000 dinars [environ 20 €] au marché noir, alors que le prix officiel est de 200 dinars. Ces derniers jours, des villageois excédés ont pillé des camions de ravitaillement en butane destinés à d'autres communes. Même certains produits alimentaires commencent à se faire rares : les grossistes de la région ont des difficultés à s'approvisionner auprès des importateurs d'Alger, en raison des routes impraticables". Une situation qu'il juge inacceptable : "Il y a un manquement flagrant de la part des autorités, on a vu l'armée intervenir il y a quelques jours, mais uniquement pour déneiger les routes nationales, ils n'ont pas touché aux routes wilayales ni communales. Nous n'avons pas vu les hélicoptères militaires utilisés le reste du temps dans les opérations anti-terroristes. Les citoyens s'organisent eux-mêmes pour trouver du gaz, de la nourriture et pour déneiger."
En effet, dans de nombreuses localités, ce sont d'informels comités de villages qui tentent d'organiser la solidarité : corvée collective de déneigement ou expéditions en camion pour tenter de trouver du gaz butane dans des stations Naftal (l'entreprise d'Etat distributrice d'hydrocarbures) complètement débordées.
Ravitaillement en gaz à dos d'âne, en Kabylie.
Ravitaillement en gaz à dos d'âne, en Kabylie. DR
Dans un rare discours télévisé diffusé le 9 février, le président Abdelaziz Bouteflikaa annoncé la tenue prochaine d'élections législatives mais n'a pas prononcé un mot en direction des sinistrés météorologiques. Tandis que les autorités locales et les cadres de Naftal cherchent à convaincre les citoyens que le retour à la normale est proche, la situation prend un tour politique. La Kabylie est une région célèbre en Algérie pour son hostilité au pouvoir d'Alger, laquelle s'est exprimée lors d'émeutes insurrectionnelles en 1980, 1998 et 2001. Les partis politiques à fort ancrage sociologique kabyle n'hésitent pas à rendre l'Etat responsable du chaos engendré par la neige.
Pour le Front des forces socialistes, doyen des partis d'opposition en Algérie, dirigé par Hocine Aït-Ahmed, "l'action publique a été très en dessous des besoins de la situation. Cette impréparation à réagir aux situations d'urgence est inquiétante et ne s'explique pas. (..) Des millions d'Algériens sont privés du minimum vital, et depuis plusieurs jours, ils connaissent la faim, le froid et l'angoisse pour leurs malades."
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie, présidé par Saïd Sadi, constate que "pendant que des Algériens meurent de froid et de faim, le conseil des ministres tenu le 7 février, tout occupé à sa farce électorale, n'a pas soufflé le moindre mot sur la souffrance endurée par les populations". Son bureau local de Bejaïa affirme que "la colère gronde et l'indignation a atteint son paroxysme (...) face à l'inertie et la démission du pouvoir central", celui de Tizi-Ouzou dénonce le fait "que les Kabyles grelottent de froid, qu'ils ont faim, qu'ils vivent à la bougie et qu'ils sont coupés du reste du monde et souvent sans possibilité de soins".
"LA KABYLIE NE PEUT COMPTER QUE SUR ELLE-MÊME"
Le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, présidé par Bouaziz Aït-Chebib, a des mots encore plus durs : "Pendant que le régime raciste d'Alger ne se préoccupe que de la pérennité de son système mafieux (…), la Kabylie vient encore une fois de prouver qu'elle ne peut compter que sur elle-même."
La question de l'assistance portée par les régimes en place aux régions rurales, montagneuses et enclavées victimes d'intempéries météorologiques ne touche pas que l'Algérie : au Maroc également, des communes du Moyen-Atlas, notamment Azilal, sont coupées du reste du pays en raison des fortes chutes de neige. Un récent reportage de la chaîne 2M dans un village de cette région a montré comment les autorités publiques n'ont consenti à envoyer un véhicule pour dégager la route qu'après avoir appris qu'une équipe de la télévision d'Etat se trouvait bloquée sur les lieux. Lors d'une précédente vague de froid, en 2006, 39 personnes dont 23 enfants seraient décédées à Imilchil et Anfegou, sans susciter la moindre mobilisation des services étatiques marocains.
Ces défaillances illustrent les choix de gestion territoriale des Etats nord-africains, qui privilégient surtout le "pays utile" : quelques villes, importantes politiquement et économiquement, quelques grands axes routiers, quelques régions riches en matières premières et quelques réalisations de prestige (port industriel de Tanger au Maroc, autoroute Est-Ouest en Algérie). Dans cette configuration, la qualité des infrastructures dans les zones rurales ou enclavées est souvent réduite à la portion congrue.
Yidir Plantade

mardi 14 février 2012

De nouveau la paralysie ! - La Dépêche de Kabylie

De nouveau la paralysie ! - La Dépêche de Kabylie

Des villages isolés et plusieurs routes coupées à la circulation

De nouveau la paralysie !

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Moins d’une semaine après la tempête de neige qui avait balayé le nord du pays, les citoyens de basse Kabylie, à l’instar de ceux des régions montagneuses, se sont réveillés, hier matin encore, sous une couche épaisse de poudreuse.

Dés les premières heures de la matinée d’hier, les flocons de neige ne cessent de tomber aux quatre coins de Tizi-Ouzou. Pas de répit, semble dire Dame nature. En effet, alors que l’on croyait que le soleil, brillant la veille sur la majorité du territoire de Tizi-Ouzou, allait encore perdurer quelques jours, voila que la neige, dont les traces ont à peine disparu sur les trottoirs et de la ville des genêts, est de retour. S’il est vrai que le BMS lancé vendredi soir avait annoncé des chutes de neige à partir de 300 m, la majorité des habitants de basse Kabylie n’imaginait pas que l’ampleur de cette chute allait atteindre à nouveau les régions les plus basses. «Cette fois-ci, j’avoue que la neige nous a surpris», nous confia un jeune citoyen de Tamda qui n’en croyait pas ses yeux, lorsqu’il s’est réveillé sous la neige. «Rien ne présageait un retour de la neige dans ma région qui se situe à une très basse altitude. Non seulement on se trouve sur le même niveau que l’oued Sébaou, mais en plus, hier dans la nuit, le ciel était clair et il n’y avait même pas de pluie», dit-il avant que son compagnon, un peu plus âgé et apparemment plus expérimenté dans le domaine, n’ajoute : «C’est tout simplement ce qu’on appelle Thisedhsay Boudhfel (les grimaces de la neige). Il se trouve que parfois la neige tombe sans aucun signe avant coureur. Et c’est le cas aujourd’hui où tout le monde pensait que ce serait une journée ensoleillée vu le temps qu’il faisait dans la nuit, mais voila que Dame nature nous préparait une surprise».
Pour une surprise, c’en était vraiment une, hier, pour tous ceux qui se sont réveillés pour se rendre à l’école ou au travail. Dés les premières heures de la matinée, la situation climatique s’est à nouveau détériorée. La neige a fait sa réapparition en balayant l’ensemble du territoire de la Kabylie. Le décor était semblable à celui de la semaine dernière, lorsque la poudreuse avait couvert toute la région. Une situation qui avait poussé les établissements scolaires de la wilaya à fermer les portes, sur décision de la direction de l’éducation. Et alors que certaines écoles de la région ont rouvert, avant-hier, leurs portes, les voila, à nouveau, désertées par les élèves et les enseignants, hier matin, suite au retour de la neige. Même topo au niveau des entreprises économiques qui ont vu la majorité des travailleurs rester chez eux en raison des routes bloquées au niveau des zones montagneuses. Des routes qui venaient à peine d’être rouvertes après plus d’une semaine de blocage et qui se voient, à nouveau, refermées suite au retour de la tempête de neige. Hier, le trafic routier dans la wilaya a été réduit au strict minimum. Seuls quelques véhicules tout terrains et certains camions ont réussi à se frayer une issue. Les routes menant des localités situées en haute montagne vers le chef lieu ont été obstruées à nouveau. «Les efforts consentis, tout au long de ces derniers jours, afin de dégager les nombreux axes routiers situés dans les hauteurs sont partis en fumée, car les choses sont revenus à la case départ avec le retour de la neige», nous confie un transporteur de Mekla, l’un des rares qui se trouvait hier matin au niveau de la station multimodale de Oued Aïssi. Une station complètement désertée, d’ailleurs, alors qu’habituellement en cette période de la matinée (8h30), des dizaines de fourgons et de bus se relayent sans arrêt pour transporter les centaines de voyageurs faisant le pied de grue devant les abribus. Lors de notre passage sur les lieux, un seul bus faisant la navette Oued Aissi – Tizi-Ouzou était en stationnement. «Comme notre station accueille les fourgons en provenance des régions situées sur les hauteurs, alors il se trouve que seuls quelques véhicules assurant les lignes proches, à l’instar de Tamda et Tizi Rached, ont pu passer. Cela à cause de la neige qui a bloqué les routes desservant les hauteurs comme Ain El Hamamm, Djemaa Saharidj, Fréha, Souk El Had, Larbaa Nath Irathen et Yakouren», nous confie un agent de la station qui grelottait sous le froid.
A moins de 100 m de la station multimodale, l’animation bat son plein. La raison ? Ces centaines de véhicules chargés de bouteille de gaz, stationnés sur les deux côtés de la route pour un hypothétique chargement. Certains ont du passer la nuit dans leurs véhicules. Il faut dire que cette situation dure depuis plus de dix jours et tout porte à croire que tant que les intempéries persistent, la tension sur le gaz ne risque pas de baisser.

lundi 13 février 2012



Hommage à Tous Les Montagnards -matoub- by Mohandinho

Intempéries en Kabylie : le CMA dénonce le silence et l’incurie des autorités de l’Etat algérien

Intempéries en Kabylie : le CMA dénonce le silence et l’incurie des autorités de l’Etat algérien

Intempéries en Kabylie : le CMA dénonce le silence et l’incurie des autorités de l’Etat algérien

13/02/2012 - 16:11


TIZI-OUZOU (SIWEL) — Dans un communiqué parvenu à Siwel et signé de sa vice-présidente Kamira Nait Sid, le CMA (Congrès Mondial Amazigh) dénonce l'abandon qui est fait de la Kabylie. Le communiqué dénonce «l’indifférence, voire le mépris du pouvoir algérien envers la Kabylie».



Kamira Nait Sid lors de cette 8ème session de l'Instance Permanente aux Questions Autochtones de l'ONU (PHOTO: DR)
Kamira Nait Sid lors de cette 8ème session de l'Instance Permanente aux Questions Autochtones de l'ONU (PHOTO: DR)
« Les observateurs locaux notent le silence et l’incurie des autorités de l’ État algérien qui ont ignoré la
catastrophe qui se déroule pourtant à moins de 100 km d’Alger. Le chef de l’ État qui s’est exprimé
récemment à la télévision algérienne, n’a pas eu un seul mot de réconfort envers les sinistrés de
Kabylie et le gouvernement n’a à ce jour pris aucune initiative pour secourir les villageois désemparés. »
La Kabylie est abandonnée mais solidaire. « La neige a gravement perturbé le fonctionnement des infrastructures : routes coupées, absence de distribution d’électricité, de gaz et d’eau et pénurie de médicaments et de nourriture. Certains villages de moyenne et haute montagne sont complètement inaccessibles depuis plusieurs jours. On déplore plusieurs dizaines de blessés et une vingtaine de personnes seraient mortes faute de soins. Après la détresse, c’est l’angoisse qui envahit les habitants des endroits les plus isolés, d’autant plus que le mauvais temps perdure. »


A travers le communiqué, le CMA dénonce la gestion de la catastrophe par les autorités algériennes qui n'ont pas tenu compte des bulletins météo qui avaient annoncé la tempête de neige plusieurs jours à l’avance, « aucune mesure anticipée n’a été prise par les autorités locales (Wilaya) et aucun plan d’urgence n’a été mis en œuvre pour limiter les conséquences des intempéries ».


Se faisant l'écho des citoyens, il sera reporté que « ceux-ci livrés à eux-mêmes, se demandent pourquoi les chasses-neige fréquemment utilisés pour disperser les foules au cours des manifestations de protestation, sont totalement absents sur les routes enneigées. De même, pourquoi les milliers de militaires stationnés en Kabylie (il existe plusieurs dizaines de casernes de l’armée en Kabylie équipées de camions, d’engins de travaux publics et de véhicules tout terrain) n’ont pas été réquisitionnés pour déblayer les routes et venir au secours des villageois enclavés ? »


Le communiqué fait remarqué que d’après des témoignages reçus d’autres régions d’Algérie, l« e gouvernement algérien aurait utilisé des hélicoptères pour approvisionner les populations. Si cette information était vérifiée, elle apporterait une preuve supplémentaire du racisme institutionnel anti-kabyle ».


De même, il rend hommage aux « populations Kabyles qui ont su puiser dans leur culture ancestrale, celle vers laquelle on se tourne en période de grave crise, pour raviver leur sens de l’entraide et de la solidarité ».




cc
SIWEL 131611 FEV 12

Concert de Solidarité avec la kabylie le 19 février à Paris | Kabyle.com


Concert de Solidarité avec la kabylie le 19 février à Paris | Kabyle.com

Concert de Solidarité avec la kabylie le 19 février à Paris


lun, 2012-02-13 10:24 -- stéphane arrami
Un groupe d'artistes et d'associations lancent un appel pour l’organisation d’un concert de solidarité aux sinistrés des intempéries en Kabylie.

Le concert se déroulera à l'Espace B (Ivry sur Seine) dimanche 19 février à 15h.
Plusieurs artistes et musiciens ont répondu favorablement à cette appel parmi lesquels : la troupe Igelillen, Slimane Azka, Zahir Amyas, Taninna, Farid Medghacen, Kamel Iflis, Kamila Adli, Mokrane Hamouchet, Karim Oukil, Said Galleze, Tenna Ibtissem, Fodil Hakim, Slimane Oukil, Djamel Ait-Ali Oussaid et Mohand Kemmache.

Neige : la Kabylie livrée à elle-même ! - TAMAZGHA le site berbériste

Neige : la Kabylie livrée à elle-même ! - TAMAZGHA le site berbériste

Neige : la Kabylie livrée à elle-même !

Si dans des situations aussi difficiles et imprévisibles que celle que vit actuellement la Kabylie, l’État n’est pas présent, autant se dire qu’il n’y a pas d’État et se donner les moyens de s’en doter.
A moins que l’on soit sadiques ou complices d’un État qui s’emploie depuis un demi siècle à détruire notre pays et tout ce qui fait notre particularité, pour ne pas se rendre compte que la Kabylie n’est qu’une colonie d’un État étranger !? Faudrait-il encore rappeler aux amnésiques que l’armée de cet État est venue en Kabylie en 1963 pour violer, assassiner, humilier et torturer. Une vérité que beaucoup de jeunes Kabyles ignorent, malheureusement.
Voilà maintenant deux semaines que la neige a isolé la Kabylie du reste du monde sans que l’Etat central ne réagisse.

Entièrement dépendant du gaz, de l’électricité et des produits venant du commerce, les populations kabyles se sont retrouvées très vite en rupture de tout y compris des produits alimentaires de base (lait, semoule, etc.). Encore heureux que le réseau de communication (Internet et téléphonie mobile notamment) fonctionne par intermittence, ce qui a permis un minimum de communication.

En l’absence totale de l’Etat et de ses institutions, les citoyens kabyles sortent, lorsqu’ils le peuvent, à la recherche de bonbonnes de gaz ou de bidons de mazout pour se chauffer. La neige a atteint par endroits deux mètres, comme à Iferhounène, At Ziki, At Illiltène, Iboudrarène ou encore Michelet (et que dire des villages comme Tirourda !). A Tizi Oumalou (At Bou Youcef), un jeune a été emporté par une avalanche.

Les appels de détresse incessants des villageois n’ont pas été entendus, et ce malgré que plusieurs familles ont vu leurs denrées alimentaires épuisées ; les commerces ont vu leurs étalages rapidement vidés. Dans les villes comme Azazga, Tizi-Ouzou ou Mirabeau, les prix de ces denrées ont triplé, voire quadruplé, jusqu’à devenir inaccessibles à certaines bourses. Ajouté à cela le problème d’eau potable : vu les basses températures, celle-ci est gelée dans les conduites et n’arrive pas dans les robinets. Ainsi, les citoyens vont chercher l’eau potable dans les anciennes fontaines où il se rendent à pied. Puis pour les besoins de ménage, les femmes fondent de la neige.

Au sixième jour des intempéries, les régions de Michelet, Iferhounène, Bouzguene, Larbaa n’at Yiraten ou Iakourène et leurs localités sont complètement coupées du monde. Selon certains témoignages, la situation n’a fait que s’empirer. Ce qui a engendré une panique générale, jamais vue.

Face à l’acharnement de la nature et l’indifférence de l’Etat algérien, les villageois se sont mobilisés et la solidarité ancestrale s’est mise en place pour sortir les villes et villages de l’isolement et permettre leur approvisionnement en gaz, fioul et autres produits alimentaires. Des cellules de crise autour des comités de villages et d’associations se sont créées pour venir en aide notamment aux personnes les plus vulnérables.

Les habitants sont ainsi livrés à eux-mêmes alors que des casernes militaires et des brigades de gendarmerie sont à proximité. Que l’on ne vienne plus nous dire que les militaires et les gendarmes sont là pour l’intérêt et la sécurité des citoyens ; en réalité ils ne sont là que pour les surveiller, les terroriser et les réprimer au besoin. D’ailleurs, ces casernes et brigades ne sont-elles pas aussi des lieux de ralliement pour les terroristes d’Aqmi qui se baladent en toute liberté en Kabylie !

Le comble de l’absurde : au moment où la Kabylie se débat dans la neige les autorités algériennes s’amusaient à envoyer aux Kabyles abonnés à la téléphonie mobile des SMS les invitant à se rapprocher des bureaux de vote afin de s’inscrire sur les listes électorales.

Cette situation inédite devra permettre aux Kabyles de revoir radicalement leur relation avec l’État algérien. Y a-t-il encore une raison valable qui justifierait ce "mariage forcé" entre la Kabylie et l’État algérien ? Bien au contraire, tout plaide pour un divorce, et le mieux c’est qu’il se fasse à l’amiable.

Il est temps de tirer les conclusions d’un demi-siècle de cohabitation où la Kabylie a eu à subir les pires humiliations et les pires répressions de la part d’un État voyou porteur d’une idéologie dévastatrice des cultures et des libertés.

Il serait donc temps que la Kabylie renoue avec sa tradition de lutte pour reconquérir sa dignité et se débarrasser enfin de ces ennemis barbares moyenâgeux et anti-amazighs.


VIVE LA KABYLIE LIBRE !

La Rédaction.